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A moins d’être une adepte du « family bed », traduisez « lit familial », pratique venue des Etats-Unis, qui prône de garder l’enfant dans le lit de ses parents jusqu’à ce qu’il décide de dormir dans une chambre à lui, vous allez considérer la question de la chambre (conception, aménagement…), et décider des moments et de l’âge où il convient de placer votre enfant hors de la vôtre.
Chambre à part, à partir de quand ?
Nous avons tendance à partager la famille en cellules solitaires, chacune isolée dans une chambre, si toutefois nous avons suffisamment de place, en espérant ainsi que les enfants s’endorment plus facilement ! Vous ne trouvez pas ça bizarre de vous séparer de votre nouveau-né et de le laisser tout seul dans le noir ? Cruel même ! Puisque vous allez forcément vous lever plusieurs fois pendant la nuit, pour le nourrir, le rassurer, le prendre dans vos bras, il va de soi de le garder dans votre lit ou dans son berceau installé à proximité.
C’est d’ailleurs un des arguments des partisans du « family bed », qui rappellent que le partage du lit familial n’a pas été inventé avec le mouvement hippie, mais fut longtemps une chose très répandue. En effet, la plupart des gens sur terre, jusque récemment, n’avaient pas de chambre à coucher et dormaient dans des lits collectifs, dans une pièce aux fonctions multiples. Ce n’était pas pour des raisons idéologiques ni pour être en harmonie avec la nature, mais parce que le lit et la façon de s’y coucher ont suivi l’évolution de la société. D’un espace quasi-public, la chambre (où le seigneur, ses valets et ses hôtes dormaient dans des lits collectifs) est devenue progressivement, à partir du XIVe siècle et du développement de la bourgeoisie, un espace privé, aux lits individuels.
Donc, sans forcément adhérer au « family bed », considérez un peu la situation. Vous en connaissez beaucoup, vous, des bébés qui réclament à corps et à cris de quitter la chambre parentale pour enfin satisfaire leur besoin de solitude ? Le problème est relativement simple : le bébé veut manger ou être porté au minimum toutes les deux ou trois heures, et les parents aimeraient bien qu’il en soit autrement. Votre bébé dort mieux quand vous êtes près de lui, et vous, vous ne rêvez que d’une chose : dormir ! Pour le moment, il reste dans votre chambre. Dans quelques mois, quand il fera à peu près ses nuits, et que vous aurez envie de retrouver votre intimité, de ne plus entrer dans votre chambre sur la pointe des pieds, de ne plus vous endormir et vous réveiller à la lumière de la veilleuse, alors vous envisagerez un réaménagement. Et vous lui offrirez cet espace rien que pour lui et que vous avez préparé avec amour !
La chambre de bébé : un petit nid
Du berceau, sorte de toute petite chambre douillette, chaude et sécurisante, un espace réduit où se blottir, se recroqueviller, votre bébé va, au fur et mesure que son corps grandit, habiter un espace plus grand, celui du lit avec barreaux ou sans. Souvent, il semble beaucoup trop grand pour sa taille. Vous allez bâtir son nid, fait d’un agglomérat de tour de lit, de turbulette et de peluches et créer ainsi une protection ajustée au corps de votre bébé. Le contenir dans un espace de bien-être à l’abri de l’hostilité du monde. Pour l’instant, sa chambre va être essentiellement un lieu pour dormir dont l’objet central est le lit ! Il est important qu’il commence sa vie par le bien-être, en dormant bien. Aussi limitez-vous à l’essentiel : un bon lit, de jolis éclairages, une table à langer. La chambre n’est pas encore une pièce où règnent jouets et poupées : il suffit de quelques peluches, un mobile, de la musique de chambre diffusée par une boîte à musique pour le coucher des princes et des princesses ! Vous êtes encore loin de la « déco » à thème du genre rose, princesse et château, pour les filles, et pirate, chevalier, espace intergalaxique pour les garçons. Vous pouvez suivre le bon sens des préceptes feng shui et installer le lit à l’endroit le plus adéquat de la pièce, pas sous la fenêtre, ni contre la porte ; et là où la taille de la chambre le permet ! Malgré un ensemble agréable, chaleureux et paisible, votre petit enfant aime la compagnie et continue à préférer votre chambre. Il parvient maintenant à escalader son lit et à s’échapper de la sienne. Curieusement, il n’a pas encore vraiment besoin d’intimité ni de prendre ses jambes à son cou pour aller vivre sa vie.
Quand bébé gagne ses murs…
Au cours des premiers mois, le bébé ne sait pas faire la différence entre lui et son berceau, sa chambre, ses parents, ce qui est animé et ce qui ne l’est pas. Lui et le monde ne font qu’un. Il n’y a pas de frontières, pas de séparation. A l’âge d’un an, le bébé connaît sa taille et ses limites physiques. Aussi, avoir sa propre chambre va lui permettre d’apprendre à dormir seul la nuit, premier apprentissage de l’indépendance. Il est certes aussi réconfortant pour les parents de continuer à accueillir leur tout-petit dans leur lit ! Mais en fin de compte, ce qui est important, ce n’est pas qu’il dorme seul ou avec ses parents, mais qu’il soit capable de répondre à ses propres besoins et de se rendormir tout seul lorsqu’il se réveille pendant la nuit.
Au pays de Lilliput
La chambre de votre petit enfant va se peupler au fil des mois de nouveaux objets et meubles à sa taille. Vous avez l’impression, tout d’un coup, d’être un Gulliver au pays de Lilliput ou une Alice démesurément grandie. Sa chambre est une sorte de miniature, vous vous croyez dans un conte de fée : c’est exactement comme chez les grands d’à côté, mais à l’échelle 1 pour votre tout-petit. Petite table, petite chaise, en tout point semblable à celle du designer dont vous rêvez de meubler votre salle à manger, vont s’associer parfaitement avec les dînettes, oursons, petites voitures, petits trains, etc. Tout est petit. Même la chambre. Il va donc falloir réfléchir, faire preuve d’astuces pour la transformer et l’adapter sans cesse aux nouveaux besoins de votre tout-petit. Maintenant, ce n’est plus seulement un lieu pour dormir, mais aussi un espace de jeu, qu’il est important de rendre sûr et adapté avec des rangements ouverts et accessibles à votre petit enfant qui va jouer avec ce qu’il voit. Mais pas forcément dans sa chambre. Vous constaterez, qu’à cet âge, il déplace volontiers les éléments de son univers vers les lieux de la vie familiale. Il aime le désordre. Petit à petit il va s’approprier cet espace, l’habiter et donner son avis sur les éventuels changements. Plus besoin de faire appel au coach en décoration, proposé sur le site web spécialiste de la chambre d’enfants, maintenant le décorateur c’est lui ! Vous êtes si fière et heureuse de le faire participer que vous allez même l’amener avec vous choisir son nouveau lit ! Attention, car vous aurez peut-être du mal à le convaincre que le lit superposé avec baldaquin intégré est plus grand que sa chambre…
Cohabitation
Il est très fréquent, quand on a des frères et sœurs, de partager sa chambre. Si vous n’avez pas des pièces à foison, ce qui est le cas pour la plupart d’entre nous, vous remettrez à plus tard la question : vos enfants doivent-ils partager la même chambre ? Certes ce n’est pas toujours facile, pour le grand qui a pris l’habitude d’occuper tout l’espace d’y accepter sa petite sœur, qui vient de détruire sa tour de Lego qu’il a patiemment construite ! Mais en contrepartie, les siestes vont être distrayantes, les acrobaties tellement plus amusantes à plusieurs… Comme par exemple, cette activité universelle qui consiste à sauter sur le lit !
La maison dans la maison
Vous avez fait de sa chambre un univers si agréable, un univers bien à lui, auquel il a grandement participé au fil des transformations et réaménagements, que vous ne pouvez même plus menacer d’un « file dans ta chambre !». Aussi veillez à garder encore le contrôle sur sa chambre, petite maison dans la grande, avant que les années d’adolescence ne la mettent en orbite…
