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0 à 6 mois : les premiers jours de Charlize et April

 
Vendredi 14 juin 2019 par Marine B

Je me décide enfin à mettre sur papier les premiers jours, semaines et mois de vie de nos jumelles.


Je dois avouer que le cœur n’y est pas, mais à quelques jours de votre premier printemps, je regarde les photos de votre naissance et je me rends compte que je commence à oublier certaines choses, des petits détails, ou du moins, je les ai mis dans un tiroir au fin fond de mon cerveau.. et je pense que ça restera une petite épreuve à chaque fois que j’y repenserai donc autant se lancer!

Le 30 Mai 2018


Je suis donc allée en salle de réveil après avoir été voir mes filles pour la première fois en salle de réa juste à côté du bloc. Avant de rejoindre ma chambre dans l’aile « maternité » j’ai demandé à faire un saut dans les chambres des jumelles au service réanimation. J’étais exténuée mais j’avais ce besoin viscéral de les voir « installées » dans leur nouvel environnement. Il était aux alentours de 22h00. Les couloirs étaient calmes… J’étais toujours dans mon lit à roulettes ! Le personnel a ouvert les portes du service réanimation. Première chose indispensable dans ce service : la désinfection des mains avec du gel hydroalcoolique. Là… j’ai eu envie de me faire toute petite sous ma couette. C’est tellement bizarre comme ambiance, c’était tout calme, il y avait des stickers colorés aux murs – des poissons si je me souviens bien. Oui, je crois que c’étaient des poissons ! Nora aimait bien les regarder quand elle venait en visite.

D’abord on traverse ce long couloir, qui me semblait être trop éclairé, des néons de lumière blanche, froids, ça devait être encore des effets suite à mon opération. Et puis, on est arrivé à un carrefour, on m’avait dit que les filles seraient probablement dans une chambre du couloir de droite parce que c’est là que sont les chambres double. Mais mon lit a tourné à gauche. C’est comme si on avait pénétré l’intérieur d’une cabine de navigation de sous-marin. Tout est bleu, il y a des écrans et des “monitos” de partout et surtout, ce qui perturbe le plus : le bruit, enfin non, il y règne le silence de plomb, qui vous met mal à l’aise, tout ce qu’on entend, ce sont les machines qui bipent sans arrêt, mais on a l’impression que ça fait partie du décor. Le peu de personnel présent à ce moment là te sourie, le regard plein de compassion et de tendresse. (Et je leur tire mon chapeau pour travailler dans un tel environnement.) On m’explique donc que les filles sont séparées faute de place dans les chambres doubles. Sur le coup, ça me choque qu’on puisse séparer des jumelles mais je ne dis rien. On nous indique aussi qu’il faut parler à voix basse. Le bruit étant perturbant et effrayant pour les bébés prématurés. (Du coup je me dis “mais le bruit des machines ne doit pas du tout les rassurer !”)

On va d’abord dans la chambre d’April. Il fait encore plus noir et bleu que dans les couloirs. L’infirmière puéricultrice me rassure en me disant qu’elle va bien pour le moment, qu’elle tient le coup. La première chose qu’on voit, c’est l’immense boîte en plexiglas dans lequel repose ma petite April. Je ne peux pas descendre de mon lit. J’en ai envie mais je n’en ai pas la force. Je n’arrive pas à voir son visage, tout ce que j’aperçois c’est un casque énorme, un bébé rose translucide et des capteurs. Certains sont un peu comme des pansements et d’autres émettent une lumière rouge. On ne me propose pas de la prendre. Je vois qu’elle est rattachée par tout plein de câbles à tout un tas de machines, qui bipent, qui pompent, qui sonnent… Des sons que j’entends encore résonner dans ma tête. Un son pour signaler qu’elle fait une bradycardie, un autre pour une désaturation, un autre pour signaler qu’il fait trop chaud dans la couveuse, la machine qui fait entrer l’air dans son masque.

Bref.. ça n’arrête pas ! Je suis impressionnée mais pas en panique. Je demande quand même à pouvoir la toucher ou la prendre, je ne suis pas sereine, mais mon instinct de maman prend le dessus ! J’ai besoin de la sentir contre moi. Cette gentille puéricultrice a dû avoir pitié de moi, elle me l’a posée 5 minutes sur ma poitrine. (Il faut savoir qu’à ce stade, les bébés sont normalement placé en peau à peau avec leurs parents seulement pour un minimum d’une heure, parce qu’ils souffrent quand on les manipulent). Je n’imaginais pas ma première rencontre avec ma fille de cette manière. J’avais l’impression de devoir arrêter de respirer. Peur de débrancher un truc, peur de lui faire du mal en arrachant un câble par mégarde… Son masque de respiration occupait tout son visage et me gênait pour l’admirer. Sa peau tellement fine, douce et fragile. Aussi rose qu’un bébé lapin qui vient de naître ! La peau sur les os, pas un gramme de graisse. Juste des endroits de son petit corps gonflé. Elle faisait de l’œdème. Son petit cri, qui me faisait entendre de la détresse, de la douleur. Un cri comme ceux qu’émettent les chiots quand ils viennent de naître. Chaque mouvement devait être un traumatisme pour elle. Elle devait être effrayée et souffrir à la fois. Chaque manipulation allait être difficile à vivre pour elle pendant de longues semaines. Ça je l’ignorais jusqu’à ce qu’on me le dise. Je me suis sentie maman comme pour Nora mais j’avais tellement peur de me projeter. Les premières 48h allaient être cruciales pour leurs survie à toutes les deux. J’ai eu tellement mal au cœur.

Avant de la remettre dans sa boîte, je lui ai murmuré à l’oreille que je l’aimais si fort, que j’étais fière d’elle, qu’elle allait devoir se battre et que je serai toujours là pour elle. Quand je suis sortie de la chambre d’April, je me suis dis : “t’as pas le droit de penser à une vie sans elles” ; “t’as pas le droit d’imaginer qu’elles pourraient ne pas survivre, c’est la seule fois que tu auras ces pensées, c’est la seule fois !”

Au même moment, on m’a dirigée vers la chambre de Charlize juste à côté. Pareil. Même ambiance, mêmes machines sur mon autre bébé, mais elle était moins en forme que notre April. Elle avait contracté la même bactérie que moi, elle avait aussi une infection du sang. Elle était très fragile. A tel point que je ne pouvais pas la prendre sur moi. Il faudra que s’écoule 48h avant que je puisse faire mon première contact peau à peau avec ma Charlize. Vous n’imaginez pas la souffrance pour une maman… c’était les 48h les plus longues de ma vie ! Heureusement nous avions le droit de toucher ses petites mains à travers les petites fenêtres en plexi de sa couveuse. Nous pouvions lui parler aussi, pour la rassurer comme on pouvait. C’est dans ces moments là que tu aimerais pouvoir échanger ta place, pour que tes bébés souffrent au moins un peu moins. Je suis retournée à ma chambre le cœur lourd, serré, et pas franchement rassurée pour être honnête. Mais je savais qu’il fallait que je me repose et que je donne les forces nécessaires à mon corps pour qu’il récupère de ce traumatisme. La césarienne… les 3 premiers jours post op’... vraiment pas simple !

Les infirmières étaient impressionnées par ma “résistance” à la douleur. C’est juste que l’envie et surtout le besoin de voir mes filles étaient plus important que la douleur que j’endurais. Oui, j’avais mal, mais rien à faire, je voulais voir mes bébés. Donc allez ! on se bouscule, on se lève du lit ! Je ne vais pas expliquer en détails la douleur, les positions que tu dois prendre pour sortir du lit, t’assoir, aller aux WC, prendre ta douche, marcher… Je vous ferais peur ! Si on ne vous l’explique pas pendant la grossesse, c’est pour une bonne raison et puis chacun le vit différemment. Sachez juste que les premiers jours sont difficiles, mais j’ai très vite récupéré. À peine 1 mois 1/2 plus tard, je twerquais à nouveau et j’ai fais des tours en moto d’enfants aussi : easy !

Je suis restée 8 jours à l’hôpital, j’aurai pu rester plus longtemps mais je n’en pouvais plus d’y être. Je préférais rentrer, j’avais l’impression de ne servir à rien là-bas. Je pouvais aller voir mes filles quand je le voulais. Mais, au départ, les quelques premières semaines, les bébés sont tellement instables et fragiles que le peau à peau (le PAP) était quand même limité. Avec ma cicatrice, la position assise était difficile à tenir longtemps, du coup les manipuler les faisaient souffrir pour peu de temps en PAP. J’essayais à chaque fois d’augmenter un peu plus le temps du PAP, mais c’était difficile. Tirer mon lait là-bas me rendait mal à l’aise. Bref, je voulais rentrer retrouver ma fille et mon mari. Sauf que je n’avais pas vraiment mesuré ce que c’était que de laisser mes bébés à l’hôpital. Même si on pouvait joindre l’hôpital à tout moment pour prendre des nouvelles. Je me souviens la veille de ma sortie, quand les médecins m’ont dit qu’ils me laissaient partir (à ma demande) mon mari m’a rejoint dans ma chambre d’hôpital, j’étais en pleurs. Soulagement, déception, plein d’émotions se bousculaient. J’avais l’impression d’être la pire maman qui soit, que j’étais égoïste de vouloir rentrer chez moi pour mon petit confort ! La chute d’hormones y était pour beaucoup aussi. J’ai fini par me ressaisir et j’ai préparé mes valises.

Je n’ai plus pleuré.
 

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