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18 à 24 Mois : Des dinosaures et des filles

 
Vendredi 23 juin 2017 par Sabrina L

Cela commence dès la naissance. Ce sont des filles, par conséquent nous voyons la vie en rose, blanc, violet, mauve, parme... Un peu comme si un prisme avait recouvert nos lunettes invisibles et atténué toutes les autres teintes de l'arc-en-ciel. Pourtant, Lana aimait le rouge, le rouge qui pète, et le vert aussi. Quant à la robe, elle aime la porter, mais réclame également le "panon" (pantalon) un jour sur deux.

Vient ensuite le choix des jouets. Si les modèles sont plutôt unisexe en premier âge, on arrive très vite à la période de différenciation, avec le "genrisme" qui a tant fait parler de lui ces deux dernières années. Certains supermarchés jouent le jeu de la provocation. En observant les petits de la crèche et Lana, on se rend vite compte que tel petit garçon joue au poupon, à la cuisine et à la dînette et telle petite fille (Lana !) est un as de la construction, du circuit de voiture et ne donnerait pour rien au monde son camion.

Est-ce anodin, ces choix de jeux ? Non. Ce n'est ni anodin quand les parents choisissent, ni quand les enfants élisent. Quand les parents choisissent, ils proposent un modèle à suivre. Les enfants suivent les adultes par mimétisme. Aussi réduisons-nous considérablement l'offre des métiers qui feront rêver la petite fille, ou le petit garçon. Par ailleurs, tel jeu développe tel aspect de sa motricité, tel autre tel aspect de sa personnalité. Si l'on refuse aux filles tout jeu développant ses capacités d'élaboration dans l'espace, de préhension géométrique et logique, il ne faut pas s'étonner alors que les maths la rebutent plus tard. Ma fille n'est pas toujours douce, c'est plutôt une auto-tamponneuse humaine. Elle aime l'action, courir, danser, sauter, se jeter sur son papa. Elle aime grimper partout. Ma fille adore un petit dinosaure qu'elle a trouvé dans une pochette surprise. Elle aime ce petit animal rigolo censé ne fasciner que les garçons. Elle roule comme une folle sur sa voiture rouge, elle fait des châteaux avec de faux parpaings (et veut déplacer les vrais quand elle en croise) , elle joue également à la maison de poupées, la dînette, la cuisine mais sait que l'aspirateur (le vrai !) est "à Papa" parce que Maman l'utilise rarement. Car dans le quotidien aussi nous offrons des modèles importants aux enfants. Papa passe l'aspirateur, s'occupe du lave-vaisselle et des lessives, comme Maman. Maman répare les objets cassés, elle bricole des machins et des bidules. Papa "fait les travaux" , Maman " fait des gâteaux" c'est vrai aussi. Il n'y a pas d'activité réservée à un sexe ou l'autre, mis à part l'abattage des arbres et le port des charges.

Si l'on réfléchit bien, cela va encore plus loin : le débat sur le congé parental de cet automne révèle que la plupart des personnes pensent que l'on choisit entre "élever ses enfants" et "travailler". Mais les mamans qui travaillent élèvent également leurs enfants. Je n'ai pas une nourrice au fin fond de la campagne qui garde ma fille à temps plein. Je dois concilier travail et vie de famille. On entend souvent dire que garder ses enfants à temps plein est meilleur pour eux. Pour avoir sous les yeux d'autres enfants dont les mamans ne travaillent pas, j'en vois aussi des inconvénients. Avoir sa vie à soi, pour l'enfant, c'est pouvoir raconter tout un tas de choses en rentrant à sa maman et son papa. C'est avoir ses propres amis, des jeux et des chansons que Papa et Maman ne connaissent pas. C'est créer son petit univers. Lana est plus autonome que d'autres enfants toujours chez leur maman. Enfin, elle me voit aller travailler comme Papa. Elle a donc devant les yeux un modèle de femme qui travaille, et élève ses enfants. Une femme qui a fait des études, qui a des passions, qui fait du dessin ou du scrapbooking avec ou sans elle, qui a une vie complexe et riche. C'est important, je pense, qu'une fille sache cela : oui, les femmes peuvent travailler, avoir des loisirs, sortir sans leur mari, avoir des enfants. Heureusement être une maman au foyer aujourd'hui ne signifie pas rester cloîtrer chez soi non plus. Par conséquent, je ne pense pas qu'il y ait d'un côté les mamans au foyer qui élèvent vraiment leurs enfants et de l'autre les femmes qui travaillent et n'élèvent pas leurs enfants. Seulement certaines ont gardé une activité professionnelle plus contraignante, d'autres sont confrontées à la difficulté de gérer les enfants à plein temps. Les difficultés et les sources de fatigue, voire de burn out sont proportionnellement inversées, mais on peut se comprendre aussi.

Finalement, le débat ne sert à rien. L'important, c'est justement que nous avons gagné le droit d'avoir le choix. Je ne comprends pas bien pourquoi on devrait juger le choix des autres, s'écharper, décider de ce qui est meilleur ou pas. Oui, il existe des inconvénients à garder son enfant toujours à la maison, il existe des inconvénients à être une maman qui travaille et des avantages. Mais on n'a pas décidé de ne pas élever son enfant quand on travaille : on a décidé de travailler pour avoir de quoi élever son enfant, ou parce qu'on veut lui donner le modèle d'une maman qui travaille, ou parce qu'on pense que concilier les deux est bon pour nous et pour eux. Personne ne fait le choix de ne pas élever son enfant dans cette affaire. On le fait différemment, avec un partage du temps différent.

Ce que j'aimerais que mes filles retiennent, c'est cette liberté de choix. Une liberté qui émane de bien des combats. La femme n'a pas toujours eu le droit de travailler, et de le faire sans demander l'autorisation de son mari. Elle n'a obtenu le droit de vote, le droit d'avoir son propre compte bancaire, le droit de divorcer, le droit de maîtriser sa fécondité que depuis peu. Avant, la femme passait de l'autorité paternelle à l'autorité maritale sans transition. Et je parle de la France car il y aurait lourd à dire sur toutes ces petites filles d'autres pays qui n'ont ni le droit d'étudier ni le droit de refuser un mariage à 8 ou 12 ans. Il y a encore d'autres combats sur l'égalité qui attendent justement que nos filles se battent encore. Tout n'est pas acquis.

Mes filles pourront vivre leur vie, faire des études, voyager, vivre seule, choisir leur déco, leur appartement, se marier ou non, avoir ou non des enfants, rester au foyer ou non. Etre une femme aujourd'hui en France, c'est bénéficier de ces libertés qui émanent de bien des combats.

Le respect de ces libertés commence donc entre nous : soyons la mère que nous voulons être (ou pouvons être, car rester au foyer a un prix !) sans juger celle qui fait différemment. Offrons à nos filles tous ces modèles de femmes différentes, sans chercher à les influencer. Le dinosaure ou la poupée ? Les deux !

 

La photographie envoyée s'inspire des projets " Toys stories" et " Pink and blue project". 

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